En Pologne, la droite populiste nationaliste présente son gouvernement minoritaire, avant la coalition pro-européenne

Sauf grande surprise, elle n’obtiendra pas la confiance du Parlement dans le délai prévu de quinze jours. Mais la droite nationaliste populiste polonaise a tout de même présenté, lundi 27 novembre, son gouvernement minoritaire. « Nous respectons une coutume constitutionnelle en nommant un gouvernement présenté par le parti qui a remporté les élections », le parti Droit et justice (PiS), a déclaré le président polonais, Andrzej Duda, après que le nouveau gouvernement de Mateusz Morawiecki a été présenté.

Après le revers vraisemblable du PiS, ce sera au tour de la majorité pro-européenne, menée par le chef de la Coalition civique (KO, centre), Donald Tusk, de former son gouvernement. Aux législatives du 15 octobre, le PiS a obtenu le plus de sièges – 194 sièges – à la chambre basse du Parlement. Mais il se retrouve minoritaire face à la coalition de forces pro-européennes, Coalition citoyenne (KO), Troisième Voix (Trzecia Droga) et La Gauche (Lewica), qui en ont obtenu 248.

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Donald Tusk accuse le président Duda de « jouer la montre »

En dépit de l’arithmétique électorale, M. Duda avait confié la tâche de constituer un gouvernement à M. Morawiecki au cours de la première séance de la nouvelle assemblée. Le cabinet proposé comprend aussi bien des personnalités connues, dont Mariusz Blaszczak, qui resterait ministre de la défense, que des experts inconnus du grand public. Les femmes y occupent la moitié des postes ministériels.

Cependant, en l’absence de majorité et toutes les autres forces parlementaires ayant publiquement refusé d’entrer dans le nouveau gouvernement, celui-ci semble voué à l’échec. Donald Tusk, ancien premier ministre libéral et ex-président du Conseil européen (2014-2019), devrait dans ce cas de figure à son tour présenter un gouvernement.

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M. Tusk a dénoncé la nomination de M. Morawiecki, accusant le président Duda, issu du camp nationaliste populiste, de « jouer la montre » dans le but de repousser la transition politique après huit ans de règne du PiS. « Comme je l’ai dit, ils vont vouloir voler quelques jours de plus », a déclaré M. Tusk à ses partisans pendant un rassemblement au début du mois.

Pour lui, cette décision « ne changera rien », laissant ainsi entendre qu’il redeviendra lui-même premier ministre. M. Tusk l’a été jusqu’en 2014. L’année suivante, le PiS a remporté les législatives et est au pouvoir depuis lors.

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Le Monde avec AFP